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samedi 15 août 2015

Pyramiden, une ville fantôme.

Escale étonnante et déconcertante à Pyramiden, citée minière russe du Spitzberg abandonnée.
Son non lui vient de la forme de pyramide d’une montagne, au fond du Billefjorden,  au pied de  laquelle cette citée fut créée en 1910 par les suédois puis rachetée en 1926 par les russes, puis par Trust Arkticugol en 1931.

Atterrissage

L’Union Soviétique, souhaitant construire une communauté modèle, avait beaucoup investi, spécialement dans le sport et la culture.
Un guide russe nous accompagne dans notre visite nous permettant ainsi de rentrer dans certains bâtiments et de découvrir les nombreux équipements collectifs et moyens de ressources propres dont disposait cette ville : cantine générale, bâtiment commun avec cinéma, salle de sports, bibliothèque,…,  serre, ferme, piscine, …
Jusqu’à 1200 personnes y vivaient au plus fort de la mine, en 1990, et 250 000 tonnes de charbon y étaient extraits.
L’exploitation minière cessa suite à des circonstances difficiles (géopolitique) et la ville fut abandonnée en 1998.

Superbe visite.



Funiculaire pour acheminer le charbon et les hommes

Notre guide russe

Artère principale
Buste de Lénine

Cantine de la citée
Entrée de la salle de cinéma
Bâtiment commun : cinéma, salle de sports, bibliothèque, ...
Piscine
Immeuble squatté par les mouettes

Vue sur le glacier Nordenskiöld

samedi 8 août 2015

3 saisons en 3 mois !!

(Note : cliquer sur les photos pour les visualiser en grand format et en diaporama)


Printemps, été, automne en 3 mois !!!!
Les paysages changent vite, toujours et encore, au fil des jours et des semaines.
Plus de neige, encore quelques névés, la toundra brunit, les lichens et mousses sèchent. A certains endroits la terre commence même à craqueler et la végétation sèche. Le sol est beaucoup moins boueux et sec en bord de mer.

Ça sèche et ça craquelle

Les névés disparaissent et leurs ruisseaux s’assèchent à l’opposé des cours d’eau alimentés par les glaciers qui ne cessent de grossir emportant avec eux de nombreuses pierres, boue,…
Le soleil commence cependant à baisser dans le ciel. Il repassera sous l’horizon à partir du 23 août nous offrant alors les belles lumières des couchers de soleil. Mais le jour nous accompagnera toujours. La fonte des neiges est terminée et le refroidissement nocturne devrait revenir dans une semaine.

En attendant, chaleur exceptionnelle en ce 1er août. Grand beau temps ensoleillé, très belle luminosité, vent nul. 24°c dans le bateau (la coque bleue chauffe au soleil en plus du chauffage !), 12°c sur le pont  et cela à 23 h. La température de l’eau, 5°, nous rappelle où nous sommes !
Ce temps nous offre quelques très belles journées de découvertes. 2 baleines à bosse croisent notre route.

Géologie caractéristique


 Bjornhamna
Mouillage et cabane de Bjorhamna




Sjettbreen
Smithbreen

 Vue sur Smithbreen
Glacier du 14 juillet
Front du glacier du 14 juillet (baie de la Croix)

 Svitjodbreen
Queue d'une baleine à bosse
Ce beau temps ne durera pas. Une pluie bien froide et un vent du sud accompagné d’une houle peu confortable s’établissent les deux derniers jours. De quoi reverdir la toundra!

Ciel sur Prins Karl

Coefficient de marée de 106 ; la marée basse, même si le marnage est faible (2 m) découvre des plages magnifiques d’une eau très claire.

Plage à marée basse
Déjections des vers arénicoles (mangeurs de sable)

Côté navigation le courant se fait sentir et surprend dans certains passages étroits et fjords. Prudence, même si nous sommes loin de nos courants bretons !

Belle randonnée sur l’île de Blomstrand dans la baie du Roi, à partir de Ny-London. Après 3 heures de progression sur des rochers plus ou moins stables, surtout du granit et du gneiss complètement pourri donc friable, nous rejoignons le sommet de l’île (383 mètres) où nous attend une vue imprenable sur le glacier Blomstrand et la baie du Roi.

 Glacier Blomstarnd du sommet de Blomstrand
Mouillage de Ny-London vue ouest

La baie du Roi
Tout en marchant nous pouvons observer les ronds de pierre ou bassines de dégel, formés par l’alternance du gel et du dégel de la couche de surface du sol. Plus scientifiquement ce phénomène s’appelle la cryoexpulsion qui concentre les matériaux grossiers en cercles ou en polygones et les expulse en surface, le cœur du cercle étant constitué de matériaux fins.

Bassines de dégel (cryoexpulsion)
Le lendemain, en faisant le tour de l’île en bateau, nous apercevons un ours, un beau mâle, à mi-hauteur sur le versant nord-ouest de l’île. Il est plus rassurant de le voir du pont du bateau !!  



                                                                            (©Daniel Morin)
Trace d'une patte d'ours!
Plus bas, quelques rennes, imperturbables, et autour du bateau un phoque nous salut ; belle image du Spitzberg !!
Les morses de Amsterdamoya sont toujours là. Ceux de  de l’île Charles semblent avoir désertés Poolepynten pour une destination plus nord.

Toilette du morse !!!




Les rennes se font plus rares en bord des côtes ayant quittés les rivages pour l’intérieur des terres. Armés de leurs bois ils ont revêtus leurs poils de l’année. Les bois des femelles qui commencent à pousser sont encore couverts de duvet.



Rennes femelles

Les phoques, toujours  en quête de plaques de glace migrent vers le nord. Nous en voyons peu.
Les falaises aux oiseaux sont toujours aussi bruyantes. Murmure, cris, bruissements, sifflements,… un vrai vacarme qui ne cesse jamais, 24h sur 24 ! Les colonies d’oiseaux sont repérables au blanc des déjections et au vert de la végétation située au-dessous.

Falaise aux oiseaux
Mousse
Beaucoup d’oiseaux sont venus nicher pendant la fonte des neiges dès fin mai. Le mois dernier les œufs ont éclos et à partir du 15 août certaines espèces commenceront leur migration d’automne vers les continents plus sud et d’autres partiront plus tard pour la pleine mer.
Pour les ornithologues passionnés par les oiseaux arctiques, le Spitzberg est un véritable paradis !

Bernaches nonettes

Envol de mouettes tridactyles

Eiders
Un renard arctique viendra animer notre dernière randonnée.



                                                                           (©Bruno Berthet)
Dès lundi ce sera le retour vers la Norvège, en 3 semaines, en contournant le Spitzberg par la côte nord-est et en empruntant le détroit de Hinlopen, partie de l’archipel beaucoup moins fréquenté, aux informations imparfaites en raison de relevés incomplets, zone la plus englacée du Spitzberg et sujette à des courants de marée importants. Ce sera une découverte pour nous.
La glace nous laissera-t-elle passer ? Au vu de la dernière carte des glaces la banquise a libéré la côte est ; la voie semble donc libre, quitte à pousser un peu la glace.


Situation au 27 juillet
Situation au 7 août