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jeudi 9 août 2012

Vie au Groenland

Nos cinéastes ont quitté le bord, chargés de rushs pour le montage du film. Projection à Paris le 9 décembre à l'occasion des Voiles Polaires. 10 nouveaux équipiers (franco-italien-suisse) ont embarqué à bord d'Algol à la découverte du pays des Inuits.
Aux dires des Inuits, alors que l'été 2011  était exceptionnellement froid, l'été 2012 est particulièrement chaud (tout est relatif!). Cette année la météo n'est pas habituelle. Le baromètre est bas, inférieur à 1000 HP et l'anticyclone arctique, 1021-1024 HP, n'est pas établi. Nous subissons l'influence d'une dépression stationnaire sur Terre-Neuve. Un fort vent de sud-ouest souffle (NE habituellement), vent doux qui en s'opposant au courant froid du Labrador génère des brouillards épais sur la frange côtière et dans les fjords. Cette situation rend la navigation très pénible, au radar,  et la progression dans les fjords lente. Ce vent de sud-ouest lève un clapot désagréable et une houle qui ralenti l'écoulement normale des growlers et des icebergs que vêlent les gros glaciers. Cette semaine nous avons dû faire demi-tour dans le Sermilik, la voie étant bloqué par un amas de glace très compacte et chaotique.
Nous avons eu une journée complète de pluie, phénomène rare en cette période de l'année. La fatigue se fait sentir.

A terre nous avons l'occasion d'échanger avec la population locale. La chasse aux phoques est source de débat. Le constat actuel est le suivant:
* La vente des peaux de phoques a diminué de 60 millions à 6 millions.
* Actuellement 150 000 phoques sont tués chaque année au Groenland sur une population de 16 millions de phoques.
* Le nombre de phoques croient chaque année et ces derniers, gros consommateurs de poissons, réduisent les prises des pêcheurs Inuits.
Les pêcheurs Inuits revendiquent alors le droit de tuer beaucoup plus de phoques et le souhait de relancer la vente des peaux.
Dans un phoque, tout est utilisé : la peau, la graisse, le sang avec lequel du boudin est fabriqué, les viscères donnés aux chiens, le foie mangé cru, et la reste de la viande cuisiné pour la consommation des Inuits. Un chasseur doit tuer au moins 4 phoques (100 à 250 kg) par an pour nourrir sa famille.
Autres constats, le téléphone portable est arrivé dans les petits villages et la télévision commence à rentrer dans les maisons. Les villages, 100 à 300 habitants, s'équipent d'une seule grosse antenne parabolique. Mais internet n'arrivent toujours pas dans les villages.
Sur la côte Est, nous trouvons seulement une connexion, à faible débit, à Tasiilaq, 3ème plus grande ville du Groenland avec 3000 habitants (57 000 habitants au Groenland).
L'alcool fait toujours autant de ravage et cela est bien triste.
Autres constats, nous rencontrons des oiseaux de mer à l'intérieur des fjords. Nous n'avons pas encore d'explication à ce phénomène.
Et le beau temps arrive enfin!

Phoque sur la banquise   ©E.Paridaens
Raclage de la peau de phoque avec l'ulu

Algol et le Johana Kristina


Mouillage à Kulusuk

alpes groenlandaises


Double arche


au pied de l'inlandsis

au milieu des glaces

Bloqué!


Ca passe!

champignon!

couleurs du soir

Petits chiots et leur maman

couleurs d'un soir

dans le bratch

Enfants Inuit à bord





glacier Rasmussen
 



iceberg dans le Sermilik

iceberg devant Tiniteqilaaq



Kummiut



mardi 31 juillet 2012

Rendez-vous avec le Groenland

Après les paysages "dramatic" (dixit les guides norvégiens) des îles lofoten, et les falaises "terrific"(dixit les guides Islandais) d'Islande nous avons retrouvés, le vendredi 27 juillet, les montagnes du Groenland, plus proches de nos alpes, et les glaces, ceci après 3 jours et demi de traversée depuis Reykjavík.
Très belle traversée au départ "musclé", sur une queue de dépression générant une mer forte et des vents de 30 à 40 nœuds le premier jour, puis grand beau temps, avec cependant du brouillard. Dès le troisième jour nous croisons nos premiers icebergs, à 130 milles des côtes est du Groenland, ainsi que deux imposants cachalots; superbe rencontre! La banquise disloquée nous offrira un accès aisé à la côte, imposant cependant une veille attentive et une navigation zigzagométrique entre les growlers, au détriment de notre sommeil.
A bord, Antoine, journaliste-réalisateur et son caméraman Charles, Sylvie, peintre, et son mari Michel, Pierrick, jeune chanteur-compositeur, malmenés par le mal de mer les premières 48 heures retrouvent rapidement forme et entrain . Tous s'activent, chacun avec leurs outils et instruments, appareils photos, cameras, crayons, pinceaux, guitare,...

              Vidéo : traversée Groenland


Progressivement l'air se rafraichi, descendant à 0° et la température de l'eau passe de 11 à 3° puis 1°.
Dans les fjords nous savourons l'été arctique sous un soleil chaud et les températures deviennent plus confortables. Nous retrouvons avec plaisir les petits villages groenlandais de 150 à 300 habitants, le sourire des enfants, le hurlement des chiens et chiots de l'année et surtout le chant de la glace qui craque, se casse, tombe, .... Ce n'est qu'émerveillement. A terre les moustiques nous attaquent. Dans les villages c'est la période des travaux d'entretien et des chantiers de construction. A notre grande surprise il semblerait qu'il y ait de gros travaux de nettoyage et de gestion des déchets dans les villages.
A l'occasion d'une navigation difficile dans le Sermilik fjord, très encombré de glace, nous longeons d’énormes icebergs, que nous qualifions de "colossic"!! C'est impressionnant.
Notre équipage a ses exigences professionnelles: réalisation d'un reportage, d'un carnet de voyage. Il faut tourner plusieurs fois autour du même iceberg, poursuivre la baleine, approcher le phoque sur son bout de banquise, hisser le caméraman en tête de mât, monter la perche, bricoler des protections contre le soleil, etc....; on ne chôme pas et les journées sont pleines. Imaginez faire un travelling sur un front de glacier avec un bateau de 28 tonnes, barrer entre les glaçons avec un caméraman à 20 mètres au-dessus du pont, ...!!! C'est intéressant, et épuisant. La créativité artistique doit aussi s'adapter à la rigueur des marins (question de sécurité)!
Le 2 août, à Kulusuk, nous embarquerons un nouvel équipage. Il y a moins de glace que l'an dernier, à date équivalente. Aussi pourrons-nous explorer de nouveaux fjords et découvrir encore un peu plus ce beau pays.

Pas très chaud !!
Première vue du Groenland

Traversée de la banquise
 
Arrivée au Groenland.



Premier iceberg

"colossic" iceberg

Blanchon (bébé phoque) sur sa banquise

Sermiligaaq

Glacier Rasmussen

Mouillage devant Tiniteqilaaq


Peau d'ours séchant à Tiniteqilaaq

Accueil des enfants

Chaîne alpine!  ©C.Baron


Vision alpine du Groenland
                                                                                                                                                           ©C.Baron
 



lundi 23 juillet 2012

Arrivée à Reykjavik

Nous voici à Reykjavík, capitale de l'Islande, depuis jeudi soir, après une dernière journée de navigation sous les nuages et une pluie fine, mais sous spi.

Les températures sont redescendues à 12°.La pluie nous a privé de notre randonnée pédestre sur le volcan Snaefellsnes que nous avons pu cependant admirer du large.
Volcan Snaefellsnes
La semaine nous a offert de belles journées de navigation, riches en manœuvres. En effet, le vent suivant la configuration des côtes, fjords et falaises, il lui arrive de faire le tour de la rosace dans la journée. Toutes les allures sous voiles sont alors appréhendées avec les manœuvres associées (virement, empannage, tangonnage, ....).


Chutes de Dynjandi 100m



Mercredi et jeudi dernier nous avons eu un temps d'été, jusqu'à 25°, alors que nous étions dans l'immense fjord d'Arnarfjordur, 40 km de long, au fond duquel nous avons jeté l'ancre devant les chutes Dynjandi, cascade de 100 mètres de haut, magnifique. Nous avons fait une randonnée de 6h à pieds pour monter au sommet des chutes; vertigineux!!
  
Mouillage à Dynjandi

 
Au pied de Dynjandi
En quittant ce mouillage paradisiaque nous avons croisé une baleine, moment toujours exceptionnel et riche en émotion; elle a surgit à 5 mètres de l'arrière du bateau et nous a offert quelques plongeons!
 

 















Puis le point d'orgue du dernier jour fut de longer les falaises de Latrabjarg, falaises qui s'étendent sur 14 km, atteignant des hauteurs de 500 mètres, abritant tant de nids d'oiseaux qu'elles représentent l'une des plus importantes concentrations d'avifaune du monde. En effet, c'est impressionnant, vols et cris d'oiseaux incessants, falaises percées de trous et immaculées de blancs.

Falaises de Latrabjarg
Depuis deux jours nous nous afférons au nettoyage, bricolage, réparations, inventaire des vivres, machine à laver, courses alimentaires (pas moins de 6 caddys!). Au Groenland nous ne trouverons pas de produits frais.
Le départ pour le Groenland, prévu ce jour, est reporté à mardi en raison d'une très mauvaise météo. Une grosse dépression (967hp) avec de la pluie forte et des vents très forts (+ 40 nds) est en train de traverser l'Islande. La dépression va couvrir tout le détroit du Danemark, entre Islande et Groenland, générant une très grosse mer. Ces vents forts du nord-est poussent la banquise vers le sud, situation peu favorable pour nous. Cependant un coup de vent de sud-ouest est annoncé en milieu de semaine sur la côte est du Groenland, coup de vent qui repoussera les glaces vers le nord. Nous allons devoir conjuguer avec les éléments. Aussi nous passons beaucoup de temps à analyser les cartes météo et les cartes des glaces depuis notre arrivée ici.
Prochaines nouvelles du Groenland, si je trouve une connexion internet!

dimanche 15 juillet 2012

Islande

Après avoir atterri sur la côte nord de l'Islande et découvert, le temps d’une virée à l’intérieur des terres, les paysages volcaniques de ce pays(cratères, volcan, marmites de boue, fumerolles, champ de laves, coulées, cascades spectaculaires, magnifiques orgues de basalte, le tout coloré de sublimés jaunes, verts, blancs ou roses, ....) nous venons de passer une semaine dans la réserve de Hornstrandir, au nord-ouest de l’Islande, région côtière la plus sauvage et la moins fréquentée de l’Islande, inaccessible par la route et désertée depuis les années 50.
Seulement quelques fermes-refuges, sont habitées pendant l'été pour les randonneurs.
Géologiquement c'est la région la plus ancienne de l’Islande (roches de 3 à 15 millions d'années). Les coulées de lave sont particulièrement visibles sur les falaises ou elles alternent avec des dépôts sédimentaires d'origine volcanique.



Nombreux sont les fjords et les lacs de retenue dans les vallées creusés par l’action érosive des glaciers.
Le plus grand glacier de cette région, le Drangajokull, culmine à 925 m.


Côté météo, c'est ici que l'on rencontre les plus mauvaises conditions, surtout en hiver avec un enneigement important et la banquise qui peut atteindre la côte nord.
La végétation est sauvage et les plages recouvertes de bois de flottage.
De nombreuses fleurs, renoncules des glaciers, linaigrettes, pavots arctiques, pissenlits, boutons d'or,.... colorient les vallées herbeuses et mousseuses où les névés fondent doucement. A chaque névé est associée une cascade. Que d'eau, que d'eau!!
Seule espèce animale, le renard polaire est peu dérangé.

mouillage de Lonafjordur



Rando montagne

Linaigrette








Les falaises, dominant la mer de plus de 500 mètres de haut, sont spectaculaires. Pas moins de 40 espèces d'oiseaux y nichent (guillemots, macareux, pétrels, eiders, goélands, cygnes sauvages, ...).

 
Fjord du NW



Nous avons eu du très beau temps favorable à des mouillages dans des endroits magiques, nous permettant une très belle randonnée en montagne, entre roche et névés, de visiter des ilots peuplés d'oiseaux, d'observer des colonies de phoques et surtout d'assister à un ballet de baleines à bosses autour du bateau, pour la plus grande joie de tout l’équipage.



                                                                        ©L.Delineau

Phoques de Borgarey




                                                                                     ©L.Delineau


Fulmar
Le mauvais temps d'hier, vent de face et mer dure, nous a rappelés aux conditions locales, secouant un peu quelques estomacs!
Nous avons donc retrouvé la civilisation humaine en faisant escale dans le petit port de pêche de Sudureyri, joli village de pêcheurs de trois cents habitants, véritable lieu de quiétude à l'entrée d'un fjord étroit. Le plaisir de cette étape fut la baignade dans les bains chauds de la piscine (ici, le plus petit village a sa piscine grâce à la géothermie), bains relaxants et au combien réparateurs.
Nous continuons notre route vers le sud, vers Reykjavik, l'occasion de découvrir encore des fjords de la côte ouest avec ses falaises, ses cascades, ses oiseaux et ses baleines, espérons-nous tous. Nous comptons faire une escale sur la péninsule de Snaefellsnes, une des plus belles d'Islande, où les champs s'appuient sur une chaîne volcanique centrale Snaefelljökull, d'où Jules Verne a choisi de faire partir son fameux "Voyage au centre de la terre", sommet culminant à 1446 mètres.
Les températures sont bien remontées, au-dessus de 10°, 12 à 15 la journée au soleil et l'eau est à 9°. La vie à bord est agréable et les échanges culturels toujours aussi agréables et enrichissants. De mon côté, navigation, manœuvres et entretien du bord occupent bien mes journées.
La relève de l'équipage se fera à Reykjavik le 20 juillet et c'est à 7que nous mettrons le cap sur le Groenland pour y passer 6 semaines (avec3 relèves d'équipage).